il y a : il y a une semaine  (03/12/2019)   Ι   affichage: 355   Ι   Commentaires:0


une école à Helsinki/ Finlande / ©Photo droits tiers

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D’après le Rapport annuel sur la Compétitivité mondiale publié par World Economic Forum, Finlande occupe la première place dans le classement des meilleurs systèmes éducatifs du monde.


En tête d’environ 144 pays, Ce classement est basé sur divers critères d’analyse au nombre de trente-cinq. Parmi eux, le niveau de productivité, les infrastructures mises en place dans les établissements éducatifs, l’innovation aussi bien en matière d’enseignement que de programmes scolaires et l’éducation sont pris en compte.

Dans ce pays, les élèves affichent invariablement d’excellents résultats, mais pas seulement?: les inégalités entre élèves et d’une région à l’autre sont parmi les plus faibles du monde. Quand qualité rime avec équité.

Car l’école en Finlande défie les conventions, avec un seul examen standard à la fin du deuxième cycle du secondaire, peu ou pas de devoirs à la maison, des programmes flexibles, une autonomie pédagogique totale et une place de premier plan accordée à l’éducation artistique et sportive.


Comment a t-elle fait ?

Jusqu’au début des années?70, en Finlande, la formation des enseignants s’effectuait dans des écoles normales de niveau inégal. Les enseignants devaient ensuite suivre strictement les programmes et étaient soumis au contrôle d’inspecteurs. En 1974, une réforme a transféré la formation des enseignants à l’université. Et, en 1979, celle-ci a encore gagné en rigueur, en exigeant l’obtention d’un master pour exercer le métier. Les enseignants déjà en poste ont reçu une formation approfondie visant à faire de l’école une expérience enrichissante pour l’élève. Ce n’est que dix ans plus tard, quand la réforme avait été déployée dans l’ensemble du pays, que la Finlande a connu une évolution radicale dans la perception de la carrière d’enseignant et du prestige qui lui est associé , et que les enseignants ont commencé à se voir accorder une autonomie croissante.

Au début de cette transformation, les décisions, consignes et règlements relatifs aux écoles à vocation générale étaient fortement centralisés. Les choses ont changé en 1985, sous l’effet d’un processus de décentralisation générale qui a accru les libertés et les responsabilités des municipalités dans de multiples champs, y compris la politique d’éducation. Puis, en 1994, le Conseil national de l’éducation a élaboré un programme national fondamental limité à de grands objectifs et des directives sur les contenus d’enseignement des différentes disciplines, les municipalités et les établissements scolaires pouvant définir leur propre programme local. Les modalités d’inspection et de contrôle ont perduré jusqu’en 1991, soit plus de 20?ans après le lancement de la réforme. 

Les enseignants finlandais jouissent d’un prestige social considérable, mais il aura fallu dix ans, après la refonte de leur système de formation, pour parvenir à ce résultat. Alors oui, l’école finlandaise est un système très décentralisé, marqué par la confiance dans des enseignants qui ne sont pas soumis à un contrôle central serré , mais cette liberté et cette autonomie sont le fruit de plus de vingt ans de surveillance rapprochée. Alors oui, on peut tirer une multitude d’enseignements de l’école finlandaise, mais il ne faut pas sous-estimer ni oublier le chemin parcouru pour devenir l’un des systèmes éducatifs les plus performants du monde.


© Nakelasi/ ED


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